Série noire à l’hôpital: les urgences à l’agonie

18/03/2018

Un afflux de patients exceptionnel se produit depuis le début mars. Faute de lits, beaucoup passent la nuit sur des brancards.

Confrontées à un afflux de patients âgés et à un manque de lits d’hospitalisation, les urgences explosent. 97 hôpitaux sur les 6501 -publics ou privés- comportant une structure d’urgences avaient, au 13 mars, activé le plan « hôpital en tension », c’est une saturation inhabituelle à cette époque de l’année.

Depuis le début du mois, dans les services d’urgences adultes des établissements de l’AP-HP, le taux d’occupation est aussi en augmentation, de 15 % à 25 % par rapport au taux moyen en 2016. Par comparaison, ces deux dernières années, le taux d’occupation en mars était proche du taux moyen annuel (soit + 5 % environ).

Autre indicateur, le nombre de passages de personnes de plus de 75 ans à l’AP-HP a enregistré ces derniers jours des hausses comprises entre 8 % et 20 % par rapport à la même période l’année dernière. Pour un médecin urgentiste parisien nous sommes ce mois-ci « en situation de crise permanente », les patients sont examinés dans les couloirs faute de salle d’examen disponible.

Le phénomène touche toute la France au centre hospitalier de Bourges, il a été expressément demandé aux habitants « de ne venir aux urgences qu’en cas de nécessité absolue ». À Strasbourg, les syndicats FO et CFTC ont dénoncé une situation « extrêmement critique ». Pour le chef des urgences de l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis (93). « On ne prend pas de risque vital avec les patients, mais ce n’est pas de la bonne médecine ».

« Ça craque de partout, l’hôpital est en train de s’écrouler », juge Christophe Prudhomme, porte-parole de l’association des médecins urgentistes de France et membre de la CGT. « Cette situation est le signe que le modèle hospitalier est au bout du bout et qu’il doit se réorganiser », abonde François Braun, le président de Samu-Urgences de France.

Entre le 10 janvier et le 9 mars, sur une centaine de services d’urgences plus de 15 000 patients ont passé la nuit sur un brancard, faute de lit d’hospitalisation, en extrapolant à tous les services, cela représente 100000 patients en deux mois. Cette surcharge « entraîne une augmentation de la mortalité de 9 % pour tous les patients et de 30 % pour les patients les plus graves », affirme Samu-Urgences de France, dans un communiqué. La médiatisation de décès survenus ces derniers jours dans des services d’urgences saturés ont mis en lumière la situation de crise dans ces hôpitaux. À Reims et à Rennes, des enquêtes judiciaires ont même été ouvertes. On a bientôt rattrapé le système de santé britanique ! (voir article sur les hôpitaux britanniques)

Pour les médecins urgentistes, un tel degré d’engorgement est d’abord la conséquence de toute une série de « dysfonctionnements » de l’hôpital. Alors que la population est vieillissante et que les médecins de ville sont de moins en moins nombreux et accessibles, ils font valoir que l’hôpital ne s’est pas réorganisé en conséquence et ne dispose pas de suffisamment de lits d’hospitalisation générale pour accueillir des personnes âgées poly pathologiques.

1- Selon des chiffres fournis par le ministère de la santé vendredi 16 mars

Tout cela, c’est les conséquences du LIBÉRALISME EN MARCHE dans les hôpitaux et de la volonté de traiter les hôpitaux comme des entreprises.

Alors, faut-il toujours fermer des hôpitaux et des urgences, faut-il toujours supprimer des lits et des postes ?

Exigeons :

  • L’arrêt des fermetures d’hôpitaux publics
  • L’arrêt des fermetures des services d’urgence
  • La suppression du numérus clausus limitant le nombre de médecins
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