Portugal : la gauche unie met un terme à l’austérité

7 mars 2017

L’alliance des socialistes, des communistes, du bloc de gauche et des écologistes montre que l’austérité n’est pas fatale… Un exemple pour la France ?

À Lisbonne, la gauche a réussi à battre la droite adepte de l’austérité.  Depuis novembre 2015, c’est une union des gauches qui est au pouvoir au Portugal : un gouvernement socialiste soutenu au Parlement par le Parti communiste portugais, le Bloc de gauche et les écologistes. Cette alliance inédite a mis fin à l’austérité imposée pendant 4 ans par la troïka1. Les composantes les plus à gauche ont imposé au gouvernement socialiste de revaloriser les bas salaires et les petites pensions, et de lutter contre le travail précaire. Avec succès : l’économie repart, le déficit public recule, tout en abandonnant l’austérité, le Portugal arrive même à convaincre Bruxelles du bien-fondé de cette politique.

Pendant cette période d’austérité les gens ont perdu beaucoup: salaire minimum et retraites gelés, impôts des travailleurs fortement augmentés. Le chômage a bondi de 11% à plus de 17% entre 2010 et 2013.

L’accord à gauche de 2015 engage le gouvernement à abroger ces mesures : Le programme prévoit de revenir au niveau des salaires et des pensions d’avant l’austérité. Ainsi, parmi les premières mesures concrètes : le salaire minimum passe de 485 € en 2014 à 557 € en 2017 (+ 15%), d’autres hausses sont prévues : 580 € en 2018 et 600 € en 2019. Les retraites ont aussi été augmentées, les impôts sur les revenus des travailleurs ont baissé et le droit du travail renforcé. Le gouvernement vient de lancer un programme de lutte contre la précarité dans l’emploi public, et a stoppé les privatisations des infrastructures, comme les transports. Des mesures sont prévues pour l’accès à l’éducation et à la santé.

Aujourd’hui, le Portugal a ramené son déficit public à 2,1 % du PIB, soit en dessous de la limite des 3% fixée par Bruxelles, bien en dessous des plus de 4 % de l’année précédente. Le gouvernement a su résister aux pressions de Bruxelles, il a réduit le déficit tout en abandonnant la politique d’austérité menée par droite. Le PIB est même en croissance pour la première fois depuis la crise, à 1,2 %. Enfin, le chômage est lui aussi en recul fin 2016.

On le voit donc le véritable politique de gauche est possible tout en réduisant le déficit public. Pourquoi cet exemple ne serait-il pas applicable en France ? Mais pour cela il faut réaliser l’union des forces de gauche et des écologistes autour d’une plateforme commune…

(1) En 2011, en pleine crise de la dette, le Portugal accepte un prêt du FMI et de l’Europe de 78 milliards d’euros en échange d’une politique d’austérité drastique : baisse des salaires, réduction des dépenses dans la fonction publique, privatisation des infrastructures et des services publics.

Publicités

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :