Manif du 22 mai 2018 : Le coup de semonce des fonctionnaires

23/05/2018

Hospitaliers, enseignants, territoriaux… Les agents de la fonction publique se sont mobilisés massivement. En tête du cortège parisien, les dirigeants des confédérations syndicales
ont marché côte à côte. Un fait inédit depuis dix ans.
A droite, Laurent Berger (CFDT), Philippe Martinez (CGT) et Pascal Pavageau (FO)

Ils étaient des dizaines de milliers à défiler, hier, un peu partout en France à l’appel d’une intersyndicale au grand complet (CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CFTC, CFE-CGC et FA). En tête du cortège parisien, inédite depuis 2010, la photo fait mouche : Philippe Martinez (CGT), Pascal Pavageau (FO) et Laurent Berger (CFDT) sur la même ligne de départ. « C’est la démonstration que nous avons beaucoup de choses en commun, s’amuse le numéro un de la CGT. Nous avons une même conception des services publics qui ne change pas en fonction du porte-monnaie de l’usager. » Pascal Pavageau reconnaît « un lien commun  » : l’opposition à « la casse des cadres collectifs que vise le gouvernement». Pour Laurent Berger, sa présence est surtout un soutien aux fonctionnaires, car « leur stigmatisation est inacceptable ». « Leur point d’indice est bloqué depuis des années, détaille le secrétaire général de la CFDT, le protocole d’accord sur la revalorisation des carrières ne s’applique pas, la compensation de la CSG fonctionne comme un fusil à un coup. Alors, au moment d’un rendez-vous salarial, c’est important de se mobiliser. »Derrière les responsables syndicaux, un panda, un tigre, un zèbre… Sous chacun de ces masques, un fonctionnaire, telle une espèce menacée… « 120 000 postes de fonctionnaires vont être supprimés durant ce quinquennat, explique  la responsable syndicale de la CGT centrale finance. Nous avons peur de la disparition de certaines missions. Les services informatiques ont beaucoup été externalisés. Nous sommes inquiets par la remise en cause des CAP (commissions administratives paritaires). » Le gouvernement veut retirer leurs compétences sur les promotions et l’avancement et ne leur laisser que la compétence disciplinaire. C’est la porte ouverte aux promotions discrétionnaires imposées par l’administration !

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Une enseignante de Villeneuve-Saint-Georges ne supporte plus les effets d’annonce de Macron, qui cachent les manques de moyens. « L’idée des CP à 12 élèves en REP + est censée résoudre tous les problèmes. Mais c’est fait dans la précipitation, avec des professeurs ou vacataires peu formés. J’ai des collègues qui se retrouvent à deux classes de 12 élèves dans la même pièce faute de place… et qui donnent cours dans les couloirs ! », estime-t-elle.
De son côté, une enseignante spécialisée syndiquée Snuipp, déplore : « Il y a quinze ans, nous étions une dizaine à Villeneuve-Saint-Georges, aujourd’hui nous ne sommes plus que trois. Les enseignants sont éreintés, usés. Alors, quand on impose le jour de carence pour maladie, le message qu’on nous envoie est inadmissible… Nous ne sommes pas des feignants ! »Aux côtés des fonctionnaires territoriaux, hospitaliers, des finances publiques ou d’ailleurs, cheminots et salariés du privé sont venus en renfort.« Depuis que je suis responsable syndicale, je vois toute la misère de nos services. » Et les difficultés de mobiliser ses collègues. « La participation des médecins montre bien que l’hôpital craque», commente un  urgentiste CGT. À ses côtés, en blouse blanche, chemine un jeune chef de clinique, docteur depuis novembre, pas vraiment habitué des manifs : «Je suis là parce qu’attaché au service public. Et je n’entends pas laisser nos missions au privé. »
Hier, à Paris, c’est à une véritable démonstration de force à laquelle se sont livrés les  fonctionnaires.

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