L’Homéopathie : l’arnaque ?

10/02/2018

L’homéopathie est une pratique pseudo-scientifique de médecine alternative inventée par Samuel Hahnemann en 1796. Dans les années 1830, l’homéopathie commença à se répandre en France, mais aussi aux États-Unis.

Le principe est de diluer des substances qui, si elles étaient concentrées, provoqueraient des symptômes similaires à ceux du patient. Mais en raison des dilutions extrêmes utilisées, les remèdes homéopathiques sont dépourvus de principes actifs. En effet, les valeurs de dilution de 12CH et au-delà aboutissent statistiquement à moins d’une molécule active par dose.

Voici ci-dessous illustré ces dilutions rapportées à une échelle plus parlante :

  • 1 CH = 1 cl de la substance de produit actif dans un litre d’eau
  • 4 CH = une goutte dans une piscine de jardin
  • 5 CH = une goutte dans une piscine olympique
  • 6 CH = une goutte dans un étang de 250 m de diamètre
  • 10 CH = une goutte dans la baie d’Hudson
  • 12 CH = une goutte dans tous les océans de la planète
  • 30 CH = une goutte dans un milliard de milliard de milliard de milliard de fois toute l’eau de tous les océans de la planète
  • 200 CH = dilution du remède populaire contre les états grippaux, l’Oscillococcinum
  • Un seul atome dilué dans l’univers représente 40 CH

Au bout de 12 dilutions, plus aucune substance active ne se trouve dans la solution(2) mais il existe néanmoins des produits homéopathiques à 30 CH ou même à 200 CH.

Dès lors d’un point de vue chimique il est impossible que le composé supposément actif exerce une action dans le corps du malade puisque par définition, aucune réaction chimique ne peut avoir lieu en l’absence de réactif. L’absence relative de « molécule active » constitue un des arguments fondamentaux des opposants à l’homéopathie pour contester la possibilité même théorique d’un effet autre que celui du placebo.

Cette lacune fut à l’origine de l’hypothèse de la mémoire de l’eau proposée par Jacques Benveniste en 1987 selon laquelle l’eau aurait gardé les propriétés de substances précédemment diluées, même en l’absence de ces substances sous la forme d’une empreinte électromagnétique de la molécule. Plusieurs articles de Benveniste et ses collaborateurs furent publiés mais ils suscitèrent immédiatement la critique et la plupart furent réfutés ou dénoncés étant entachés d’erreurs méthodologiques, les prétendues démonstrations ne sont pas convaincantes ou résultent d’une fraude ou d’erreurs de manipulations.

L’homéopathie ne constitue pas un traitement plausible, étant donné que les principes sur lesquels la méthode de traitement repose sont contredits par un large ensemble de découvertes faites en biologie, psychologie, physique et chimie dans les deux siècles suivant son invention.

Les preuves s’accumulent

Dès 1985, une étude commandée par le Ministère des Affaires Sociales français portant sur deux médicaments homéopathiques, l’opium 15 CH et le raphanus 5 CH, interrogeait l’efficacité de l’homéopathie.

Les résultats de cette étude ont été publiés par le Lancet, célèbre revue médicale, en 1988 et les conclusions à l’époque étaient sans appel : Il n’y a eu aucune amélioration de l’état des patients qui ont suivi une prescription homéopathique. Donc l’opium 15 CH et le raphanus 5 CH n’ont aucun effet. Pourtant l’homéopathie est toujours prescrite aujourd’hui.

Certes, on ne peut pas se baser sur une seule étude pour remettre en cause une pratique vieille de plus de 200 ans alors creusons un peu.

Suite à cette étude d’autres sont venues appuyer le fait que l’homéopathie n’a aucun effet. Elles sont nombreuses, viennent de différents pays et aboutissent toutes au même résultat « il n’y a aucune preuve de l’efficacité de l’homéopathie« .

Prenons deux analyses statistiques recoupant les résultats de multiples études scientifiques qui ont fait sensation dans le monde :

  1. Celle publiée par le Lancet en 2005, fruit de la collaboration de 8 chercheurs et portant sur 19 banques de données médicales qui conclut en ces termes « l’absence de supériorité évidente de l’homéopathie sur l’effet placebo« .
  2. Le rapport du National Health and Medical Research Council, agence de santé australienne, publié en 2015, qui a passé au crible 255 études sur l’homéopathie et conclut qu’il n’existe aucune preuve de son efficacité.

Et toutes les autres études aboutissent toutes au même résultat.

Depuis 2016, aux États-Unis la mention suivante : « il n’existe aucune preuve scientifique que ce produit est efficace, les revendications de ce produit sont fondées sur la théorie de l’homéopathie formulée au XVIIIe siècle, qui n’est pas reconnue valide par la plupart des experts médicaux modernes » est obligatoire sur les « médicaments » homéopathiques.

Conclusion

L’homéopathie, bien que largement banalisée en France voit en face d’elle de nombreuses publications scientifiques remettant en cause son efficacité. Il y a un problème éthique à tromper sciemment le patient en lui donnant des pilules qui ne font rien. Il y a un autre problème éthique dans l’idée que les laboratoires homéopathiques font de généreux bénéfices pour des granules de sucre. Les industries pharmaceutiques, elles ont l’obligation de fournir des preuves d’efficacité avant d’avoir le droit de commercialiser leurs médicaments mais pas l’homéopathie.

Il y a enfin le mal posé à long terme pour le patient lui-même car favoriser l’homéopathie pourrait retarder une thérapie efficace.

Ainsi, l’homéopathie n’a tout simplement plus sa place en médecine, alors faut-il continuer à rembourser l’homéopathie ?

S’il est vrai que les médicaments sont trop chers, doit-on pour autant vendre des produits dont l’inefficacité est prouvée. La seule solution réside dans l’appropriation collective des industries pharmaceutiques, et leur contrôle par les travailleurs.

Voir le communiqué de presse du 20/09/2017 de l’EASAC (Conseil scientifique des académies des sciences européennes) publié sur le site de l’Académie des sciences le 29/09/2017.

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