L’audiovisuel public « la honte de la République » : La politique de la violence.

15 décembre 2017

Lundi 4 décembre, Emmanuel MACRON déclarait devant les députés macronistes de la commission des affaires culturelles que l’audiovisuel public était « la honte de la République ». On le savait déjà ami des patrons de la presse et de la télévision privées, le voilà désormais ennemi de l’audiovisuel public.

La violence de ces propos indignes laisse présager d’une casse totale du service public de l’information, casse qui a déjà débuté. Il y a quelques semaines, la majorité votait une baisse drastique du budget de l’audiovisuel public. En sous mains, et sans aucunes consultations des salariés, se préparent de nouveaux plans sociaux et une réduction du périmètre de France TV.

Ces propos, confirmés par les députés LREM eux-mêmes, font échos à l’annonce par le directeur de l’information de France Télévision, Yannick Letranchant, de la suppression de trente équivalent temps-plein (ETP) en 2018, dont trois pour les magazines d’information.
Un membre de la société des journalistes (SDJ) de France 2 réagissait avec prudence : « Cela reste potentiellement une purge, dont nous ignorions l’impact exact sur les équipes, car nous n’avons pas toutes les réponses : les contrats à durée indéterminée [CDI] détachés vont-ils quitter les rédactions d’“Envoyé spécial” et de “Complément d’enquête” ? Par ailleurs, trois ETP peut vouloir dire quatre, cinq ou six journalistes en moins – sur vingt-cinq – selon les calculs. »

Parmi ces magazines d’information, plusieurs seraient visés : « Envoyé spécial« , « Complément d’enquête » et « Cash investigation« . Dans un des derniers numéros de « Cash investigation« , on voit Élise Lucet conspuée par lors de l’AG des actionnaires de Carrefour. Les insultes fusent : « Vendus ! Journalistes de m… ! Gauchistes ! »… On voit que ce genre de magazine n’a visiblement pas l’heur de plaire aux profiteurs de la politique macronesque.

Quand le président des riches parle de gaspillage,  de médiocrité des programmes et des contenus, c’est peut-être à ce genre d’émission auquel il fait allusion. Sous couvert baisse du budget de l’audiovisuel public, le pouvoir ne prépare-t-il pas en fait une véritable censure, afin de protéger ses amis fortunés ?

Non, monsieur MACRON, la honte de la République ce n’est pas l’audiovisuel public, c’est l’évasion fiscale, c’est les conditions de travail dans les grands groupes de la distribution, c’est de laisser des milliers de personnes dormir dans la rue. Cette réalité-là, c’est des programmes comme « Cash Investigation », « Envoyé spécial » et bien d’autres qui la dénonce.

L’audiovisuel public donne la parole aux invisibles de la République, à ce que l’on n’entend jamais et qui pourtant souffrent plus que quiconque. C’est sans doute ça que ne supporte pas Monsieur MACRON : voir décortiquer les conséquences de ses politiques ultra-libérales.

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