Casse sociale : la déferlante qui vient, jusqu’à 44000 emplois concernés

Pendant la campagne, les médias se sont focalisés sur le dramatique exemple de Whirlpool, une usine de 290 salariés vouée à la délocalisation pour des raisons purement financières. Mais derrière Whirlpool, ce sont des dizaines de déconfitures passées sous silence qui menacent de laisser des milliers de salariés sur le carreau. Même si la taille moyenne des entreprises en dépôt de bilan diminue (les plus grosses ont déjà fait faillite lors du précédent quinquennat !), la liste est toujours fournie, et les médias sont restées silencieux !

Qui s’est soucié par exemple du sort de TIM, fabricant de carrosseries basé dans le Nord
(619 salariés menacés), de la maison de couture BCBG (269 salariés) ou encore du grossiste en pneumatiques Pneus Legros (183 salariés), basé près d’Alençon?

Certains salariés espéraient que la campagne présidentielle permettrait de médiatiser leur lutte, ils en ont été pour leurs frais. Michaël Gharbi est délégué syndical Seci-Unsa dans le groupe MIM, chaîne de magasins de vêtements récemment placée en liquidation judiciaire. Avec ses collègues, il a bombardé de mails les principaux candidats à la présidentielle, sans grand résultat: « Seules les équipes de Benoît Hamon, Philippe Pou-
tou et Nathalie Artaud nous ont répondu, sur le mode : « Malheureusement, on ne peut pas faire grand-chose, si ce n’est vous rendre visite et activer quelques contacts. » Peut-être, estime-t-il que notre dossier n’était pas assez « glamour » pour les politiques : « nous travaillons dans le textile, un secteur sinistré; nous n’appartenons pas à un groupe français … « , MIM a été racheté par un groupe basé à Hong Kong. »
Même écœurement chez les salariés de Seita (cigarettes), qui se bagarrent dans l’indifférence générale contre la fermeture de leur usine de Riom (Puy-de-Dôme) : « On est les oubliés de la France », dénonce un ouvrier dans la Montagne du 3 mai. « Manuel Valls est passé à 200 mètres de notre usine sans s’arrêter, il y a de quoi être furieux ! »

Florange : Hollande avait promis d' »assurer l’acier de demain ». L’arrêt des hauts-fourneaux, en avril 2013, a signé la trahison de l’ex-président.

En ce moment, les équipes d’Emmanuel Macron se soucient peut-être moins de la Seita que des rumeurs qui agitent la presse : les patrons ont-ils reporté à l’après-présidentielle des annonces de plans sociaux ? Des bombes sociales ont-elles été « planquées » sous le tapis ? Pour un spécialiste de la crise, « de grosses annonces de restructuration vont être faites après les élections », qui tient ses informations des intéressés eux-mêmes. « Ce qui est sûr, c’est que certains groupes en mauvaise posture donnent des sueurs froides au gouvernement », dit-il. C’est le cas du verrier Arc International, dont la gigantesque usine d’Arques (Pas-de-Calais) emploie plus de 5000 salariés. Sous contrôle d’un fond américain, l’entreprise connait de gros problèmes de trésorerie, à tel point que le versement des salaires de mai et juin pourrait être compromis.

Le dossier Whirlpool mis en exergue par les médias cache d’autres faillites qui menacent au moins 44000 salariés, sans oublier les « plans sociaux » planqués par les patrons en attente des élections législatives.

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