Brésil : inquiétude après l’élection de Bolsonaro contre Fernando Haddad du Parti des travailleurs

29/10/2018

L’homme qui a dit tout au long d’une campagne agressive et violente vouloir gouverner « pour la majorité, pas pour la minorité », en pointant d’une manière affirmée les noirs, les femmes, les mem­bres de la communauté LGBT, les mili­tants de gauche, les Indiens, les membres du mouvement paysan des sans-terre (MST) et d’ONG, les défenseurs de l’en­vironnement, les journalistes, plonge le pays dans une profonde fracture.

Ce résultat intervient dans un pays con­fronté depuis plusieurs années à la fragi­lité des institutions, avec le coup d’État contre Dilma Rousseff et la prison pour Lula, empêché d’enregistrer sa candida­ture, contrairement aux recommandations de l’ONU. Après les États-Unis, l’Europe de l’Est et les Philippines, l’arrivée de Bolsonaro, adepte de la dictature, marque un nouveau tournant inquiétant dans un mouvement mondial d’expansion des nationalismes de droite.

Depuis l’annonce des résultats, les messa­ges de félicitations à Bolsonaro des néoli­béraux latino-américains et du monde occidental (Trump et Marine Le Pen en tête, mais aussi Macron) ne cessent de tomber. Et pour cause, sa ligne de conduite épouse un recours massif à la police militaire pour gérer les problèmes de criminalité urbaine, une économie clairement néolibérale avec un programme caressant le marché dans le sens du poil : réforme des retraites, indé­pendance totale de la Banque centrale, privatisations et réduction de la taille de l’État, suppression des droits des travail­leurs, renoncement à l’alphabétisation et aux enseignements fondamentaux dans les zones rurales éloignées où les institutions scolaires seraient « trop chères à entrete­nir » ainsi que soutien à l’agrobusiness qui met en péril la biodiversité du pays.

La communauté internationale, euro­péenne notamment, qui n’a eu de cesse de brandir le flambeau de la démocratie de part et d’autre de la planète, est restée bien muette ces derniers mois face à la situa­tion brésilienne et porte une lourde res­ponsabilité. Au-delà d’être une menace pour les seuls Brésiliens, c’est un risque d’instabilité pour toute la région où les forces de droite extrême sont à l’offensive, mais également à l’échelle internationale.

Les forces progressistes brésiliennes, loin de baisser les bras, comme l’a déclaré Fernando Haddad, vont rester mobilisées. La communauté internationale doit se ressaisir contre la menace de la « peste brune », encouragée par ce résultat, en prenant des mesures politiques humanistes, sociales et solidai­res, volontaristes d’émancipation humaine.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :